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GENOCIDE BANTU EN RDC

Falsifications historiques & manipulations identitaires et spirituelles

Après une première conférence en octobre 2025 consacrée à la compréhension du Génocide Bantu en République démocratique du Congo, BNK INSTITUT poursuit son travail d’analyse en proposant une seconde rencontre consacrée cette fois-ci aux mécanismes plus profonds de déconstruction historique, identitaire et spirituelle qui accompagnent depuis trois décennies les dynamiques de guerre, de prédation et de recomposition territoriale en République démocratique du Congo.

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Cette conférence part du constat que les conflits qui ravagent l’Est de la RDC ne se jouent pas uniquement sur le terrain militaire ou économique. Ils s’inscrivent également dans une véritable guerre des récits, des identités, des mémoires et des représentations.

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Comment l’histoire des populations et des frontières est-elle réécrite ou instrumentalisée pour légitimer certaines revendications territoriales ? Comment des identités communautaires deviennent-elles des outils politiques, diplomatiques ou militaires ? Comment la perte des repères historiques et culturels peut-elle fragiliser la capacité d’un peuple à défendre son territoire, sa souveraineté et son identité ? Et comment la religion, la spiritualité peuvent-elles à leur tour, devenir des instruments de pouvoir, de contrôle ou de résistance ?

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La conférence s’articulera autour de deux grandes séquences complémentaires.

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I. Falsifications historiques & manipulations identitaires :

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Cette première partie interrogera la manière dont l’histoire du Congo et de la région des Grands Lacs fait l’objet de récits concurrents, de réinterprétations et de falsifications aux conséquences politiques et territoriales particulièrement graves.

Les intervenants reviendront notamment sur les récits relatifs aux migrations, aux appartenances communautaires, aux frontières héritées de la colonisation et à la construction de certaines identités politiques contemporaines. L’objectif sera également d’analyser la manière dont ces narratifs sont mobilisés pour accompagner des stratégies régionales d’influence, de conquête territoriale ou de recomposition démographique.

La séquence sera animée par :

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  • Kerwin MATYIZO, juriste, journaliste et analyste politique, qui intervient régulièrement sur les enjeux géopolitiques et historiques liés à la République démocratique du Congo et à la région des Grands Lacs.

 

 

  • Dieudonné KWEBE-KIMPELE, journaliste, conférencier et chercheur indépendant installé en Belgique, dont les travaux et interventions portent notamment sur l’histoire coloniale, les héritages de la colonisation et les mécanismes contemporains du néocolonialisme en Afrique.

II. Spiritualité, mémoire et guerre des consciences :

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La seconde partie de la conférence examinera une dimension souvent moins étudiée des rapports de domination : celle de la spiritualité et de la construction des imaginaires collectifs.

Dans une société congolaise profondément marquée à la fois par le christianisme, l’héritage colonial et la diabolisation historique des spiritualités africaines, les croyances religieuses constituent un puissant espace d’influence sociale et politique.

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Les interventions questionneront ainsi la manière dont la religion peut être utilisée pour légitimer le pouvoir politique, produire de l’obéissance, façonner la perception des événements ou détourner le regard de la population de certaines réalités politiques. Elles s'intéresseront également aux conséquences de la diabolisation des spiritualités africaines et de la rupture avec les systèmes traditionnels de transmission, de mémoire et de compréhension du monde.

Les intervenants se pencheront également sur un aspect beaucoup plus rarement abordé dans les analyses contemporaines : la spiritualité comme moteur de résistance et de défense du territoire. Des expériences historiques et contemporaines telles que celles des Maï-Maï et, plus récemment, des groupes de défense Wazalendo permettront d’interroger la place occupée par les croyances, les pratiques rituelles, le lien à la terre et les imaginaires spirituels dans la construction d’une légitimité combattante.

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Dans plusieurs traditions de résistance congolaise, la défense du territoire ne relève en effet pas uniquement d’une logique militaire, mais s’entend comme un devoir envers la terre, les ancêtres, la communauté et l’ordre spirituel auquel celle-ci se rattache. Il s’agira ainsi de comprendre comment, dans certains contextes de guerre et de résistance, territoire, identité, spiritualité et combat peuvent devenir indissociables, et comment ces dimensions continuent d’imprégner certaines formes contemporaines de résistance populaire et armée.

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De manière générale, cette séquence abordera la spiritualité sous l’angle de la réappropriation culturelle et mémorielle, de la reconstruction identitaire et de la capacité des peuples africains à renouer avec leurs propres récits, leurs imaginaires et leurs héritages.

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Interviendront successivement :

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  • Mabaya LEMBO, chercheur associé à BNK INSTITUT et membre du RAJeCSTer – Réseau Africain des Jeunes Chercheurs en Science du Territoire, qui apportera notamment une lecture articulant territoire, identité, mémoire et rapports de pouvoir.

  • Momi M'BUZE, activiste panafricain et afrocentré, également auteur de romans de fantasy et de science-fiction profondément ancrés dans l’histoire, les mythologies et les imaginaires africains. Son intervention explorera notamment la question de la reconquête des imaginaires et de la réappropriation spirituelle et culturelle comme outils d’émancipation.

  • Ytal Bena LUMPUNGU, actrice culturelle congolaise, descendante et arrière-arrière-petite-fille du roi Songye Ya Kaumbu Kamanda Lumpungu, et fondatrice de l’association aFreeKam, engagée dans la culture, la transmission et la réhabilitation des mémoires africaines. Son intervention permettra notamment d’interroger les mécanismes de rupture avec les mémoires ancestrales et la nécessité de reconstruire des formes de transmission capables de reconnecter les nouvelles générations à leur histoire.

  • Isaac MPIA, coordinateur général de BNK INSTITUT à Kinshasa, qui interviendra sur le rôle des Églises dans le façonnement, l’orientation et le contrôle de la conscience politique collective, ainsi que sur les mécanismes par lesquels le religieux peut devenir un instrument d’influence sur les perceptions, les comportements et les choix politiques.

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À travers ces regards croisés, BNK INSTITUT souhaite dépasser une lecture strictement militaire ou économique de la guerre imposée à la RDC pour mettre en lumière une autre dimension de la conflictualité contemporaine : la bataille pour le contrôle du récit, de la mémoire, de l’identité et des consciences. Car lorsqu’un peuple ne maîtrise plus le récit de son histoire, la définition de son identité ou la transmission de sa mémoire, c’est aussi sa capacité à comprendre, défendre et transmettre cet héritage qui est fragilisée.

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C’est dans cette perspective que Dyana KAMANDA, fondatrice de BNK INSTITUT, ouvrira la conférence par une adresse introductive destinée à replacer la réalité du Génocide Bantu en RDC dans son contexte historique, politique et géopolitique.

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Elle rappellera notamment la nécessité de se distancer des lectures strictement économicistes d’une guerre trop souvent réduite à la seule question du pillage des ressources naturelles, alors qu’elle revêt des dimensions idéologiques et identitaires profondes, tout à fait centrales dans la compréhension de la crise.

Une approche indispensable pour appréhender des dynamiques de violence qui ne visent pas uniquement le contrôle des richesses et des territoires, mais comportent également des logiques d’effacement identitaire, de recomposition démographique et d’extermination de populations dont l’existence même fait obstacle aux projets de domination et de conquête à l’œuvre dans la région des Grands Lacs.

 

Une conférence donc pour comprendre que la conquête des terres commence par la conquête des récits et des consciences.

PROGRAMME

Entrée libre sans réservation

​📅 17 octobre 2026
📍 IRIS – Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis rue Mercœur, 75011 Paris

🕒 15h – 17h : Première séquence
• 30 min d’introduction
• 45 min par intervenant

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🕔 17h – 17h30 : Échanges avec le public & pause

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🕠 17h30 – 19h30 : Seconde séquence
• 30 min par intervenant
• échange final avec le public

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